Test et technique

La qualité plutôt que la quantité

Nouveautés 2018

24.11.2017 18:11 (Patrick Schiffmann)

En novembre, les jours raccourcissent, les températures chutent et la plupart des motocyclistes suisses remisent leur moto au garage. Mais le mois de novembre est aussi synonyme d’EICMA! Comme chaque année à pareille époque, le plus important salon moto au niveau mondial a ouvert ses portes durant une semaine. Nous y étions et avons examiné les nouveautés 2018 de près.


La toute nouvelle Honda CB 1000 R. (Cliquez pour plus de photos)
Les présentations de nouveaux modèles autour de l’EICMA deviennent de plus en plus emphatiques. En faisant intervenir des stars du MotoGP, de la musique de film (ou presque), des vidéos léchées/époustouflantes et des shows pyrotechniques, plusieurs constructeurs mettent littéralement le feu à la scène pour présenter leur nouvelle palette de modèles. Mais que reste-t-il quand la fumée s’est dissipée? Pour faire très court, l’année 2018 semble être une cuvée moyennement fournie. Alors que l’an dernier pour ainsi dire chaque modèle présent sur le marché avait eu droit à une refonte – notamment en raison de l’arrivée des normes Euro 4 – cette année, la plupart des marques ne réussissent à sortir qu’une poignée de nouveautés. Mais, par contre, il s’agit vraiment de nouveautés. Si l’on regarde de plus près, il y a une tendance qui va manifestement perdurer, celle des rétros. Vous pourrez découvrir dans les dix pages à venir qui propose quoi dans quel segment, le tout classé par marques et en ordre alphabétique.

Aprilia fait dans les petites

La marque italienne, connue surtout pour ses missiles dotés de moteurs V4 – la RSV4 et la Tuono V4 – se concentre cette année sur les petites cylindrées. Dès le début de l’année 2018, on pourra avoir en Suisse les nouvelles SX 125 (supermoto) et RX 125 (enduro). Toutes deux sont équipées d’un 4-temps de 125 cm3 et offrent des prestations classiques pour cette catégorie. Aprilia propose également un nouveau «Factory Works Kit» (paquet réservé à la piste) pour la RSV 4. Il comprend même les ailettes devenues célèbres en MotoGP et qui améliorent l’aérodynamique de la moto.

BMW renouvelle son milieu de gamme et pense à l’Amérique

BMW lance quatre nouveaux modèles pour l’année prochaine. Les plus significatifs pour le marché européen sont certainement les deux nouvelles enduros de voyage de catégorie moyenne-supérieure, à savoir la F 750 GS et la F 850 GS (disponibles à partir du mois de mars). Ces deux GS à bicylindre parallèle ont certes été régulièrement mises à jour depuis leur introduction il y a bien dix ans, mais il manquait une refonte en profondeur, qui donc arrive pour 2018. Du même coup, BMW en profite pour encore accentuer les différences de positionnement de ces deux modèles. La F 750 GS (dès 9950 frs) s’adresse surtout à ceux et celles qui recherchent une enduro de voyage dotée d’une selle pas trop haute et offrant, à un prix attractif, une réelle polyvalence. La F 850 GS (à partir de 12 600 frs) délivre plus de puissance et de couple, dispose de capacités plus étendues pour le touring et permet de faire davantage de choses quand on sort de la route. Le moteur de ces deux modèles est cependant au fond le même. Il s’agit d’un bicylindre parallèle refroidi par liquide et quadrisoupape de 853 cm3, avec les manetons du vilebrequin anglés à 90 degrés et des intervalles d’allumage de 270 et 450 degrés. Cette nouvelle configuration (par rapport aux précédentes versions F 700 GS et F 800 GS) est censée produire une bande-son qui touche plus et mieux votre âme et qui qui s’apparente à celle d’un V2. Et deux arbres d’équilibrage réduisent les vibrations à un minimum. Dans la F 750 GS, ce propulseur délivre 77 ch à 7500 tr/min et 83 Nm à 6000 tr/min. La 850 est dotée de presque 20 chevaux supplémentaires et atteint ainsi 95 ch à 8250 tr/min et 92 Nm à 6250 tr/min, ce qui devrait donner plus de marge, aussi bien sur route qu’en tout-terrain. De série, les deux nouveaux modèles sont équipés de l’ABS (évidemment) et de l’Automatic Stability Control (ASC) de BMW. Ils ont aussi deux modes de pilotage (Road et Rain). Pour la liste des options et accessoires, on trouve comme il se doit chez BMW de nombreuses possibilités d’encore améliorer ce paquet. Cela comprend par exemple le DTC (Dynamic Traction Control) et le mode de pilotage Pro; il y a même un quickshifter bidirectionnel. Les Allemands lancent encore une autre moto nouvelle, la K 1600 Grand America, qui est une bécane pour les longs voyages sur base du bagger K 1600 B. Ses 364 kg en ordre de marche sont emportés par le six-cylindres en ligne de la famille K: 1649 cm3, 160 ch et 175 Nm. Elle sera disponible en Suisse dès le mois de février pour 27 070 francs. Last but not least, BMW étend sa gamme de scooters avec un modèle de cylindrée médiane. Le C 400 X (disponible dès le mois de mai en Suisse) est mû par un monocylindre de 350 cm3 fort de 34 chevaux et qui rappelle un peu, visuellement, la gamme de motos de la marque portant le sigle GS. On ne connaît pas encore le prix de ce scooter en francs suisses.

Dcati fait son premier pas dans l’ère du V4

Et voici la Panigale V4! Même si sa venue ne faisait aucun doute depuis la présentation du nouveau moteur V4 (cf Moto Sport Suisse 10/2017), la presse mondiale attendait avec impatience de découvrir la nouvelle Superbike made in Borgo Panigale. Elle avance grâce au Desmosedici Stradale, un V4 à seize soupapes qui réussit à extraire 214 ch (à 13 000 tr/min) de 1103 cm3, avec un couple maximal de 126 Nm obtenu à 10 000 tr/min. Et côté poids, les 198 kg de la version de base descendent encore de 3 unités aussi bien pour la variante top «Speciale» que pour la version S avec suspensions électroniques. De quoi offrir un rapport poids-puissance pour l’instant inégalé. Les points forts de la nouvelle V4 sont le nouveau châssis, la fourche Showa Big Piston (43 mm) entièrement ré­glable, le mono-amortisseur Sachs de même (Öhlins à l’avant et à l’arrière pour la S et la Speciale), les phares à LED, l’IMU à 6 axes servant notamment au Cornering ABS, au Slide Control et au contrôle de traction «DCT EVO». La V4 arrive à partir de décembre, pour 23 990 frs (29 990 frs en version S), la V4 Speciale dès le mois de mars, pour 42 900 frs. La grande «Multi» a aussi été revue. Elle s’appelle désormais Multistrada 1260, et est disponible à partir de décembre, dès 18 490 frs. Le passage de 1198 à  1262 cm3 vient d’une course plus longue. Le nouveau moteur (celui de l’X Diavel) délivre plus de punch dans les bas-régimes: le couple maximal atteint 129,5 Nm à 7500 tr/min, et la puissance 158 ch à 9750 tr/min. Il y a aussi un monobras oscillant plus long, un empattement plus grand et une géométrie de direction changée qui doivent rendre la conduite plus précise et augmenter la stabilité à pleine charge (avec passager et bagages). La S (dès 20 990 frs) utilise des suspensions électroniques Sachs affinées côté software. Le Scrambler voit arriver un grand frère. Il s’appelle Scrambler 1100, et sera disponible dès le mois de mars, à partir de 14 090 frs. Son V2 bisoupape refroidi par air de 1079 cm3 est une version Euro 4 du Desmodue qui équipait la Monster 1100. Il est à présent à commande Ride-by-Wire et délivre 86 ch à 7500 tr/min, pour 88,4 Nm à 4750 tr/min. Ce grand Scrambler s’appuie sur une fourche inversée Marzocchi de 45 mm et un amortisseur KYB (réglables en précharge et en détente). Une version «Sport» (à 16 090 frs) est là avec des suspensions Öhlins entièrement réglables, tout comme un 1100 «Special» (15 490 frs) qui se distingue par des changements esthétiques issus du monde Custom. Les Scrambler 1100 sont équipés de modes de pilotage, d’un contrôle de traction paramétrable et d’un Cornering ABS. Puis vient une version spéciale Corse de la Ducati Panigale 959 (dès mars pour 20 490 frs). Elle est livrée avec des suspensions Öhlins, un pot en titane Akrapovič homologué, une batterie lithium-ions plus légère et un carénage aux couleurs de la Desmosedici de MotoGP. Elle pèse 2,5 kg de moins que la version de base et a droit à la totale en termes d’assistances électroniques.

Le neuvième nouveau Softail chez Harley-Davidson

D’ordinaire, Harley présente ses nouveaux modèles déjà à la fin de l’été. Mais les Américains ont dévoilé à l’EICMA une nouvelle moto appartenant à la famille des Softail, et baptisée Sport Glide. Les connaisseurs penseront que le concept est très proche de feu la Switchback (dans feu la famille Dyna): une moto avec pare-brise et valises latérales amovibles en un tour de main, pour avoir au choix un look de vrai cruiser ou un tourer nettement plus pratique. Ce neuvième modèle Softail 2018 arbore le moteur Milwaukee-Eight 107 jaugeant 1745 cm3.

Honda met fin au suspens

Enfin! Honda lance une nouvelle CB 1000 R pour 2018 (dès avril). Il faut dire que le modèle actuel a vu le jour déjà en 2008 et n’a pour ainsi dire pas changé – en 2011 et 2012, on a eu droit à de nouveaux coloris. Une telle attente est plutôt étonnante dans un segment – les Naked – qui connaît un tel succès auprès des amateurs. Mais le potentiel commercial d’une nouvelle 1000 a semble-t-il fini par convaincre Honda qu’il était temps, pour la plus grande joie de nombreux fans dans le monde. Cette CB 1000 R 2018 est une vraie nouveauté. Si elle ne portait pas le même nom que sa préopinante, on aurait de la peine à savoir qu’elle fait partie de la même famille. Le design est un mélange de Naked sportive et de Café Racer, d’où le qualificatif donné par Honda de «Neo Sports Cafe». On s’éloigne ici volontairement du reste des Naked 1000 pour presque créer un nouveau segment sur le marché. Techniquement, beaucoup de choses ont aussi changé sur cette nouvelle CB 1000 R. Elle offre 145 ch (10 500 tr/ min), soit 20 de plus que l’ancienne. Elle a de plus perdu près de 12 kg, de quoi améliorer le rapport poids-puissance de 20 pourcent. Pour la partie-cycle, on a une fourche inversée dite Big Piston et un amortisseur en position centrale, tous deux de Showa. Et pour freiner, ce sont des étriers à monte radiale à 4 pistons et deux disques de 310 mm à l’avant, et un seul de 256 mm à l’arrière avec 2 pistons. Quant à l’électronique, elle est dans l’air du temps: Ride-by-Wire, quatre modes de pilotage (dont un personnalisable), ABS, contrôle de traction et contrôle de frein moteur, il y a de quoi se mettre au niveau de la concurrence. Le nouveau look «Neo Sports Cafe» est aussi attribué à deux petites sœurs de la 1000, la CB 125 R (dès mars) et la CB 300 R (dès avril), toutes deux équipées d’une fourche inversée, d’un phare à LED, et très légères. Il y a aussi du neuf pour le best-seller de Honda (sur le marché européen), l’Africa Twin. La machine standard (dès le mois de mars) a droit à un nouvelle admission d’air, conçue pour améliorer la réponse du moteur, particulièrement dans les mi-régimes. Le balancier d’équilibrage perd du poids et l’échapement a été revu, ce qui doit aider à mieux répartir la puissance et à obtenir une bande-son encore plus agréable. Et puis l’Africa Twin dispose pour la première fois d’un accélérateur électronique, qui permet d’introduire des modes de pilotage, et offre de nouvelles configurations possibles pour le contrôle de traction. On ne parle par contre toujours pas de régulateur de vitesse. Une batterie lithium-ions permet quant à elle une réduction de poids de quelque 2 kg. En plus de la version de base, une seconde version arrive en 2018, juste à temps pour célébrer les 30 ans du nom. Il s’agit de la nouvelle Africa Twin Adventure Sports, que l’on attend dès le mois de mars. Elle est équipée d’un réservoir avec 5,4 l d’essence en plus, de suspensions avec plus de débattement, d’une selle plus haute, et jouit par conséquent d’une meilleure garde au sol. Ajoutez des poignées chauffantes, une protection du moteur plus enveloppante et un carénage modifié, voilà de quoi augmenter les capacités de la moto pour partir à l’aventure. Mais ce n’est pas tout: une nouvelle Gold Wing, attendue pour mars, fait son apparition. En deux variantes, ne vous en déplaise! le modèle de base et la «Tour-Edition» avec un gros coffre à l’arrière. Toutes deux débordent de gadgets et d’aides électroniques (dont un CarPlay Apple, une première pour une moto) et montent un moteur boxer 6-cylindres quadrisoupape de 1833 cm3. Il fournit 126 ch à 5500 tr/min et 170 Nm à 4500 tr/min. Comme le poids diminue de 48 kg, le pilotage de cet engin est certainement nettement plus fun que celui de la version précédente. Au moment où nous écrivons, les prix suisses de ces nouveautés sont encore inconnus.

Husqvarna lance ses flèches

Je suis tenté de m’écrier «enfin!» aussi pour Husqvarna. Car elles arrivent enfin, la Vitpilen 701 (montrée comme concept il y a 2 ans, «pilen» signifiant flèche en suédois), la Vitpilen 401 et la Svartpilen 401 (là, les concepts datent de 2014, les vrais modèles ont été montrés en 2016). Elles devraient être au plus tard en concessions au début 2018, la 701 dès 11 990 frs, les deux 401 dès 7390 frs. La 701 possède un monocylindre de 692,7 cm3 issu de la 701 Supermoto: 75 ch et 72 Nm à 6750 tr/min. Husqvarna a aussi montré la Svartpilen 701 (concept).

Iindian: please do it!

La plus ancienne marque de moto américaine, après une longue absence, s’est engagée à nouveau dans le championnat US de Flat Track et a décroché le titre cette année. Indian nous a fait voir à l’EICMA, inspirée de la FTR 750 (leur machine de course), une pièce unique mise au point avec les coureurs, la FTR 1200 Custom. Elle utilise le moteur de la Scout. On réfléchit à une version homologuée pour la route, qui n’existe pas pour l’instant. Nous ne pouvons que dire à Indian: de grâce, faites-le donc!

Kawasaki sort un deuxième modèle avec compresseur

L’arrivée sur le marché de la H2 a laissé bien des amateurs sans voix et bouche bée. Un compresseur sur une moto? Ca fonctionne? Ca sert à quelque chose? Quoi qu’il en soit, Kawasaki n’abandonne pas cette technique. Avec l’arrivée dès le mois de février de la Ninja H2 SX, et de la H2 SX SE équipée entre autres d’un quickshifter bidirectionnel et de câbles de frein en acier tressé (photo p. 14), Kawasaki propose à présent la suralimentation aussi à tous ceux et celles qui préfèrent le tourisme sportif à la brûlure de la très haute vitesse. Les performances de pointe du moteur 4-cylindres en ligne de 998 cm3 sont identiques à celles de la H2 (200 ch à 11 000 tr/min, voire 210 avec l’induction d’air forcée), mais le propulseur a été modifié en détail pour qu’il soit adapté à sa nouvelle fonction. C’est pourquoi il offre une poussée très forte dans les bas et mi-régimes et que le débit d’admission du mélange air-essence a été revu. La nouvelle SX arbore un carénage et un pare-brise Touring, un cadre en treillis d’acier à la rigidité accrue pour supporter un passager et des bagages, tout comme un empattement plus long qui assure une meilleure stabilité. Les prix de ces deux bolides ne sont pas encore fixés. Il y a aussi du neuf dans le domaine du rétro Après avoir dévoilé la Z 900 RS à Tokyo, Kawasaki a montré à Milan une version Café Racer, la Z 900 RS... Cafe. Toutes deux se basent sur la Z 900, mais contrairement à ce modèle, elles ont un contrôle de traction. Et la géométrie est différente. On attend la RS déjà à partir de décembre, et la Cafe suit en mars. Prix pas encore connu. Quant à la petite Ninja 300, elle passe le flambeau à la Ninja 400, de cylindrée plus grande, disponible dès le mois de février. Enfin, il y a encore la ZX-10R SE, la première Kawasaki avec des suspensions électroniques (dès mars, prix pas encore connu).

KTM: le scalpel prêt pour l'opération

Bien que le prototype de pré-série ait déjà pu être testé par des journalistes, on attendait avec beaucoup d’impatience de découvrir la version définitive de la KTM 790 Duke à Milan. Son bicylindre en ligne refroidi par liquide donne 105 ch et 86 Nm. Pesée à 169 kg (à sec) et équipée de suspensions WP réglables uniquement à l’arrière pour la précharge, cette nouvelle accompagnante de la 1290 Super Duke devrait se révéler comme un outil de précision sur asphalte. C’est ce qui explique le surnom que les Autrichiens lui ont donné: «The Scalpel». Nous allons bientôt pouvoir savoir par le biais d’un test si elle est vraiment aussi affûtée, et si son prix est aussi compétitif que ce que laisse entendre la rumeur. Quoi qu’il en soit, avec un ABS de virage de série, un contrôle de traction, un quickshifter bidirectionnel et un mode pilotage dit «Track», les amateurs de sport ont de quoi se lécher les babines. Le «scalpel» arrive en Suisse à fin mars, et on ne sait pas encore à quel prix. A côté de la 790 Duke, KTM a aussi présenté à l’EICMA le concept d’un second modèle sur la même base technique, à savoir la 790 Adventure R. Mattighofen répond ainsi au souhait exprimé par de nombreux fans de la marque, qui aimeraient diposer d’une enduro de voyage plus légère et plus facile en tout-terrain que les monstrueuses 1090 et 1290, mais qui soit quand même capables de voyages de longue distance. Son design est proche de celui de la dakarienne KTM 450 Rally.

Conccept intéressant et futurs modèles chez Moto Guzzi

Selon Moto Guzzi, la V85 doit réincarner le style des moto d’aventure des années 1980, en insufflant un esprit de liberté tout en demeurant à la portée d’un large éventail de conducteurs. Cette V85 est jusqu’ici l’unique enduro de voyage qui reprend le trend rétro. Son cœur est composé d’un moteur V2 à 90 ° refroidi par air de 850 cm3, qui devrait délivrer 80 chevaux. Une nouvelle palette de modèles, située entre les actuelles V7 et V9 et les gros cruisers 1400, devrait se construire ces prochaines années autour de ce moteur. Personne n’a dit quand la V85 et le reste de la famille arriveront sur le marché.

Royal Enfield construit à nouveau un twin

La plus ancienne marque de moto au monde, Royal Enfield, fut fondée en 1893, et elle a produit sa première bécane en 1901. Elle lance à présent ses premiers bicylindres des temps modernes. Royal Enfield, qui est d’origine britannique mais est depuis longtemps en mains indiennes, annonce avoir vendu l’an dernier plus de 800 000 unités. Impressionnant. Même si la plus grande part a été écoulée sur le marché national et que l’Europe ne représente qu’un pourcentage minime. Cela devrait changer avec l’arrivée des nouveaux twins parallèles de 650 cm3. Le moteur refroidi par air développe 48 ch à 7100 tr/min et 52 Nm à 4000 tr/min. Il anime deux modèles. L’Interceptor 650 Twin est un hommage aux premiers Interceptor des années 1960, et la Continental GT 650 Twin s’inspire de son ancêtre de 1964. Leur prix n’est pas encore connu.

Sommeil hivernal chez Suzuki

Suzuki nous avait apporté deux intéressantes nouveautés l’an passé, la GSX-R 1000 et la GSX-S 750. Mais les Japonais semblent avoir déjà replongé en hibernation. Il n’y a carrément pas eu de conférence de presse à Milan, et le seul modèle nouveau est la SV 650 X (prix encore inconnu). Elle est basée sur la SV 650, bien sûr, et suit le trend du Café Racer rétro avec des guidons bracelets et plusieurs ajouts au niveau du design. Les phares LED à brouillard sous le projecteur principal sont nouveaux eux aussi. Nous espérons que cette marque riche en tradition va se réveiller à nouveau l’an prochain.

Les novueaux tigres Triumph

Triumph a déjà présenté deux nouveaux modèles pour 2018 – la Bonneville Bobber Black et la Bonneville Speedmaster – lors de l’ouverture de son nouveau centre d’accueil des visiteurs à Hinckley (GB). A Milan, ce fut au tour de deux nouvelles Tiger. La 800 aussi bien que la Tiger 1200 ont été modifiées en profondeur et améliorées. Elles reçoivent toutes deux un écran tout en couleurs TFT, un nouveau mode de pilotage baptisé Offroad Pro et un éclairage complet à LED. Côté moteur, celui de la Tiger 800 évolue peu. Il délivre 95 ch à 9500 tr/min contre 79 Nm à 8050 tr/min. Le premier rapport a été raccourci, pour améliorer la 800 en tout-terrain. Une autre nouveauté consiste en un parebrise réglable sur cinq positions, accompagné d’un tempomat plus performant. On a toujours une multitude de variantes (six!) pour cette Tiger 800, qui se différencient par l’équipement, la hauteur de selle et l’orientation plutôt route ou tout-terrain. Cette nouvelle Tiger 800 arrivera en Suisse à partir de mars, prix pas encore connu. La grande sœur, la Tiger 1200, a elle aussi connu un développement conséquent. Le point le plus important en est sans conteste la perte de poids: grâce à un travail sur le moteur, la partie-cycle et la ligne d’échappement, la 1200 pèse jusqu’à 10 kilos de moins – ça varie selon les spécifications. Mais avec 242 kg à vide dans sa version la plus légère, elle ne fait toujours pas partie des poids-plume. Son moteur est toujours un tricylindre en ligne refroidi par liquide de 1215 cm3 qui déclare désormais 141 ch à 9350 tr/min et 122   Nm à 7600 tr/min. Elle est nouvellement équipée d’un quickshifter bidirectionnel pour passer les rapports sans débrayer. La 1200 est elle aussi disponible (à partir de janvier) en six variantes, comme la Tiger 800.

Vespa au courant

L’an dernier, le groupe Piaggio avait montré un simple concept de Vespa Elettrica, qui semblait n’être qu’un modèle normal repeint, mais cette année, les Italiens sont venus à l’EICMA avec le modèle de série de cette guêpe mue par les électrons. Le moteur électrique devrait générer une puissance nominale de 2 kW, et une puissance de pointe de 4 kW. Grâce à son couple important, ce propulseur devrait faire mieux que celui d’un classique scooter de 50 cm3 à moteur thermique. Cette nouvelle Vespa se recharge complètement en quatre heures, selon Piaggio, et elle dispose du système KERS, qui récupère de l’énergie au freinage. La Vespa Elettrica devrait arriver en Suisse durant l’automne 2018, et son prix n’est bien sûr pas encore connu.

Yamaha propose la première moto avec trois roues

Elle a déjà été dévoilée cette année au Tokyo Moto Show: la Yamaha Niken, ou la première vaie moto avec deux roues à l’avant. Parce que jusqu’ici, les trois-roues inclinables ont tous été des scooters et que les trikes ne sont la plupart du temps pas classifiés comme des motos. La Niken emprunte beaucoup à la Tracer 900, sauf en ce qui concerne la partie frontale, et elle utilise aussi un moteur de MT-09 modifié pour produire la même accélération malgré le poids supplémentaire. Son trois-cylindres en ligne de 847 cm3 fournit 115 ch atteints à 10 000 tr/min et 87,5 Nm à 8500 tr/min. Le double train avant est guidé par deux paires de fourches télescopiques, la roue intérieure pivotant plus que la roue externe (mécanisme Ackermann). Ce système devrait apporter une plus grande adhérence et un meilleur feedback à l’avant. Il n’y a pas encore de prix ni de date de livraison. Pour la MT-09, Yamaha a exaucé nos prières et lance la version SP à partir de janvier. La moto est ainsi équipée des suspensions qu’elle mérite, à savoir un mono-amortisseur Öhlins entièrement réglable avec une molette manuelle pour régler la précharge et une fouche inversée entièrement réglable elle aussi. De quoi franchir un nouveau cap et éliminer ce qui est encore perçu comme l’un des rares points négatifs d’un des plus grands succès commerciaux de Yamaha ces dernières années. En parlant de best-seller, la MT-07 a aussi droit à un rafraîchissement, et elle sera disponible ainsi à partir du mois de mars. Il s’agit surtout de modifications visuelles, mais la suspension reçoit tout de même un nouveau réglage de base, et l’amortisseur devient ajustable en détente. Et puis la Tracer 900 (dès mars) y a aussi eu droit: nouvelle selle, nouveaux repose-pieds, pare-brise réglable, bras oscillant plus long et nouvelles poignées passager. Sur la nouvelle variante GT ( juin), il y aura en plus un écran TFT (couleur), une fourche inversée entièrement réglable, une molette pour régler manuellement la précharge de l’amortisseur, un quickshifter, un tempomat et des poignées chauffantes. Les prix ne sont... pas encore connus.

««Retour
NOUVEAU! Lisez ici l‘ePaper

Newsletter abonnieren

* Pflichtfeld