Test et technique

Pour les voyageurs alpha

KTM 1290 Super Adventure S et R

16.06.2017 16:02 (tk/jdu)

Au bout de quatre années, KTM a refait à neuf son Adventure. Avec 1301 cm3 et une dotation impressionnante en richesse, le V2 autrichien est mûr pour jouer les premiers rôles dans le segment très disputé des enduros de voyage.


La 1290 Super Adventure S en train de jouer autour de l'Etna (Cliquez pour plus de photos)

En 2013, la KTM 1190 ­Adventure a bouleversé le segment des enduros de voyage. Ses compétences de voyageuse et sa dotation de série ont fait d’elle la première concurrente sérieuse pour la BMW R 1200 GS de l’époque. Avec la bagatelle de 150 chevaux et le premier ABS de virage, elle l’a même surpassée. Mais depuis lors, la concurrence s’est mise à la page. Lors de notre dernier test comparatif, la 1190 semblait même un peu «Old School» et son équipement paraissait chiche en comparaison. Comme on pouvait s’y ­attendre, avec la Super ­Adventure 1290 S qui a ­succédé à la 1190, les Autrichiens ont à nouveau placé la barre très haut, histoire de se signaler au reste de la meute aventurière.

 

Plus de tout

 

Evidemment, la nouvelle est censée tout mieux faire et doit être équipée de manière encore plus exclusive. Et il est tout aussi évident que, même de cette manière, on ne peut pas contenter tout le monde. C’est pourquoi KTM a agrandi sa palette d’Adventure à cinq modèles au total – il devrait encore y avoir dans le futur des versions avec un bicylindre parallèle – et a ainsi fait en sorte de couvrir les différents besoins de ce segment. Dans cette véritable «écurie» de motos Adventure, le cheval le plus important, au moins pour le marché européen, est bien la 1290 Super Adventure S.

 

Nouveau visage, nouvelles qualités

 

Parmi les changements ­optiques constatés sur la Super Adventure S, il y a le nouveau visage de KTM, déjà présenté sur la 1290 Super Duke. L’unité entièrement à LED avec structure centrale en alu faisant office de refroidisseur se retrouve un peu allongée sur l’enduro de voyage, et bardée d’un système de phares adaptatifs de virage. On lit sur le carénage les chiffres 1290. Le vaisseau amiral de la famille Adventure bénéficie en effet du V2 à 75 ° de 1301 cm3, qui délivre donc 160 chevaux, 10 de plus que le moteur de la 1190. Mais plus impressionnant encore est son couple colossal de 140 Nm, qui se situe déjà à 110 Nm à 2500 tr/min.

 

Feu d’artifice ­électronique

 

L’électronique a eu droit à une belle refonte. En plus d’un système de clé sans contact, il y aussi un tout nouvel écran TFT de bonne taille, clairement plus lisible et plus facile à utiliser. Par le biais des commandes rétro-éclairées du comodo gauche, on fait défiler toutes sortes d’infos. Les renseignements fournis vont de la pression des pneus au réglage des poignées chauffantes, en passant par la charge du téléphone mobile branché dans le vide-poche. On peut très simplement passer d’un mode de pilotage à un autre (Sport, Street, Confort ou Offroad). Il y a aussi un régulateur de vitesse, actif à partir de 40 km/h.

 

Suspattes adaptatives

 

Les suspensions semi-actives WP permettent de ­sélectionner électroniquement un des quatre réglages de la précontrainte. Et l’on peut aussi choisir une loi d’amortissement plus sportive ou plus confortable. Ces suspensions s’adaptent en continu à l’état de la route et au style de conduite, grâce à plusieurs capteurs et aux informations récoltées par la centrale inertielle Bosch. Elle tient compte de l’inclinaison et de l’accélération, sert aussi pour les phares de virage, et assure un fonctionnement optimal de l’antipatinage, de l’ABS de ­virage et du contrôle de stabilité (ESP). Pour ceux qui n’en ont pas encore assez, il y a d’autres goodies dans le Travel Pack optionnel à 804 francs. Il comprend un quickshifter doublé d’un autoblipper, un système de ­régulation des glissades (MSR) du train arrière dues au frein moteur, le hill hold control (HHC), pour les ­démarrages en côte, et le KTM-my-Ride permettant de se servir d’un smartphone accouplé à la moto par Bluetooth.

 

Voyager sans Torture

 

KTM nous a conviés en ­Sicile pour nous faire goûter à la nouvelle moto-aventure sur les flancs de l’Etna. La select 1290 S y a brillé par son agilité, malgré sa taille et ses 238 kilos avec les pleins. Elle s’est aussi montrée très stable. En mode Confort, les suspensions faisaient disparaître comme par magie les gros trous, même à bonne allure. Dans les modes de pilotage Street ou Sport, ces suspensions se raidissent et offrent un feedback encore meilleur. Et l’avant ne plonge quasi pas lors des freinages. Les éléments WP travaillent avec l’ESP pour donner une stabilité maximale, aussi lors de manœuvres de freinage en plein virage; il n’y a presque plus de tendance au redressement.

 

Une force qui arrive à combler vos désirs

 

1290 Super Adventure R

Dans les dunes du Pérou

Le V2 de la Super Duke R a été parfaitement adapté aux exigences d’une moto faite pour les voyages. Pour un si gros twin, il tourne avec beaucoup de civilité, sans qu’il soit le moins du monde ennuyeux. S’il proteste ­encore un peu vers 2000 tr/min, dès 2500 tours il est déjà dans son élément et s’exprime de manière ­tellement forte et à la fois cultivée dans les régimes ­intermédiaires qu’on n’a que rarement envie de le pousser à bout et que l’on change de rapport déjà entre 6000 et 7000 tr/min. La réponse à la poignée des gaz est impeccable, elle n’est jamais trop agressive et varie selon les modes entre douce comme du beurre, directe et sportive. Le contrôle de traction tient la poupe en ligne même quand on ouvre les gaz en grand et assure un comportement sain, y compris sur revêtement dégradé. Dans l’autre sens, l’ABS de virage et le contrôle de stabilité offrent un freinage qui s’effectue toujours en pleine sécurité. Faiblesses corrigées Les points faibles de l’Adventure précédente ont été corrigés. Le pare-brise est ainsi réglable sur plusieurs positions grâce à une roue dentée manuelle. Les nouvelles valises (1145 francs pour un set) sont montées de manière flottante, pour minimiser leur effet sur la stabilité du véchicule. Et au lieu de rayons, les roues de la Super Adventure S sont à bâtons, ce qui a fait disparaître un autre facteur d’influence négative du comportement routier. Bonne en bouchon La 1290 Super Adventure S nous a convaincus en Sicile. Même dans les rues embouteillées de la fourmillante Catane, l’autrichienne a réussi à rester au contact des indigènes serpentant parmi les voitures. Elle a fait étalage de capacités impressionnantes. Nous sommes curieux de voir comment le marché va l’accueillir.

 

 

 

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