Sport

8 HEURES DE SUZUKA

Aegerter, ce héros qu’on adore

31.07.2017 10:26 (Jean-Claude Schertenleib)

Masochiste? On n’ira pas jusque-là. Mais dur au mal, ça, c’est certain: pour la troisième fois en quatre participations, Dominique Aegerter est monté sur le podium de la plus prestigieuse des courses d’endurance, les 8 Heures de Suzuka. Exténué après l’effort – le team FCC-TSR-Honda avait fait le choix de n’aligner que ses deux pilotes de pointe, «Domi» et Randy De Puniet -, Aegerter était tout sourire sur le podium.


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Au Japon, il est une star, qu’on adore. Notamment parce que, dans son histoire, il a vécu un terrible drame lorsque son équipier en GP Moto2, Shoya Tomizawa, s’était tué à Misano (2010). Et qu’au Pays du Soleil Levant, on s’est immédiatement regroupé autour de Dominique Aegerter, comme si à travers lui, Shoya vivait toujours. Ce qui est peut-être le cas. Ensuite, on connaît notre «Domi», le plaisir naturel qu’il a de sourire aux fans, de répondre à leurs sollicitations, d’être resté normal dans un milieu où trop de ses collègues ne pensent qu’à jouer des rôles. Et puis, dès qu’il a découvert la magie des 8 Heures de Suzuka, il s’est trouvé à l’aise sur ce circuit ôh combien complexe. Tellement que depuis, chaque année, il est un pilote demandé, parce qu’on sait qu’il ne triche pas. Cette année, il a été exemplaire: plus rapide pilote Honda des qualifications (devant, notamment, Jack Miller et Nakagami), puis quatrième chrono lors du «top 10 trial», la superpole des 8 Heures. Là encore meilleur représentant Honda. Puis brillant en course, malgré un départ hésitant – «avec Leon Haslam, on s’est fait piéger» - et quelques doutes après une trentaine de minutes, lorsque la pluie a fait son apparition en certains endroits du tracé: «C’est à ce moment qu’on a perdu le contact avec la Yamaha de tête; je ne voulais en aucun cas tomber, je n’avais qu’une idée, ramener à Randy (De Puniet) une moto en parfait état pour son premier run.» Tous les deux allaient s’en offrir quatre, quatre heures de pilotage au plus haut niveau dans des conditions extrêmes, parce qu’après le forfait de Stefan Bradl au lendemain des essais préliminaires où il avait été totalement dominé par Aegerter et De Puniet, le team FCC-TSR a finalement renoncé à aligner en course leur homme de réserve, l’Australien Josh Hook, qui ne soutenait pas le rythme de Domi et de Randy. En lutte pour le podium durant toute la course, en profitant notamment de l’erreur de Nakagami (petite chute) sur la Honda HRC, Aegerter et De Puniet étaient deuxièmes à quarante minutes de la fin, en bagarre avec la Kawasaki No 11 lorsque, après une période de quinze minutes sous le régime de la «safety car», la Honda bleue a connu un gros coup de chaleur qui a obligé Randy De Puniet à faire un passage par les stands, des flammes sortant du carénage! Plus de peur que de mal, une superbe troisième place plutôt que la deuxième, les félicitations des grands responsables du HRC: Dominique Aegerter n’a pas perdu son temps. Et mérité son salaire. L’an prochain, il reviendra, promis, juré. Même si... «J’ai déjà connu Suzuka par une plus grande chaleur; mais croyez-moi, c’était bien assez chaud quand on n’est que deux à rouler. Personne ne peut imaginer combien c’est dur, physiquement. J’ai eu des crampes, des maux à l’estomac. Je ne pouvais plus rien manger, plus rien boire, mon corps était complètement vidé», soupire Aegerter. Un corps qui allait retrouver vie sur le podium. Bravo! Autres représentants suisses au Japon, Roman Stamm et Michael Savary, associés comme d’habitude à Horst Saiger sur la Kawasaki du team Bolliger terminent treizièmes.

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